Le progrès du 2 novembre 2020

« C’est un pêcheur de Belley qui, le premier, a constaté la présence de frelon le long du (canal) Rhône. Après avoir vérifié que le nid n’était pas sous le pont de Brens, il a téléchargé des photos et sa localisation sur le site d’alerte www.frelonsasiatiques.fr  », raconte Philippe Treillé, président de l’association l’Apiculteur Bugiste et apiculteur référent.

« Cette démarche déclenche par la même la désignation d’un apiculteur réfèrent pour engager la recherche du nid. Le lendemain, un apiculteur de Brens, Jean-Claude Vautaret, signalait que des frelons asiatiques festoyaient dans plusieurs de ses ruches. Recoupant avec l’alerte du pêcheur, il fallut moins d’une heure aux apiculteurs de Brens qui s’étaient mobilisés pour localiser le nid, sûrement un record dans le genre. »

Une fois la position validée, le Groupement de défense sanitaire (GDS) de l’Ain a rapidement mandaté une entreprise spécialisée pour le détruire.

Le nid était situé entre 20 et 25 mètres de haut et mesure un peu plus d’un mètre de haut. Le nid a été détruit par Alain Ohanian, spécialiste, habillé avec une tenue de protection spécifique. L’intervention a eu lien en présence du maire de Brens, Roger Paterno, de quelques apiculteurs soucieux pour leurs ruches.

Soulagement pour les riverains et la commune car le nid était situé à proximité de l’école qui rouvre ce lundi. « Un nid a également été détruit à Valromey-sur-Séran, un autre nid a été localisé à Vongnes et une recherche de nid est en cours vers Marigneu : le frelon est bien là, hélas… », termine Philippe Treillé.

De notre correspondant, Nicolas REANT


progres 10102020Le progrès du 10 octobre 2020

La brusque chute des températures a stoppé la floraison

Philippe Treillé fait le bilan de la saison apicole.

« Parler d’une saison apicole c’est parler de la moyenne générale. Il faut donc écarter les extrêmes. Certains ont pu faire une saison catastrophique (par exemple pour n’avoir pu suivre le développement des colonies pour des raisons médicales) d’autres au contraire ont pu faire une année qui sort de l’ordinaire, débute Philippe Treillé, président de l’association L’apiculteur bugiste. Restons aussi prudents sur les comparaisons d’une année sur l’autre. Cette saison peut paraître miraculeuse par rapport à l’année dernière qui fut une année sinistrée ! Il faut aussi étudier distinctement les différentes miellées. D’une manière générale, les colonies ont bien passé l’hiver qui fut assez doux. Elles ont bien redémarré en février/mars.

La miellée de printemps (arbres fruitiers, pissenlits...) a été bonne voire très bonne dans certains secteurs. L’acacia a failli bien démarrer, la floraison était magnifique, malheureusement la pluie, le vent et un coup de froid ont anéanti les espoirs de récolte. La miellé sur les tilleuls a été bonne, sans être extraordinaire. Les tilleuls ont d’ailleurs fleuri relativement tôt. Les miellés suivantes (châtaignier, montagne, sapin...) ont été, toujours d’une manière générale, médiocre voire nulle. La chaleur et la sécheresse ont stoppé tout espoir de récolte. Nombre d’apiculteurs ont dû nourrir les essaims dès mi-juin, début juillet pour sauver le cheptel. Enfin, habituellement les apiculteurs comptent sur une miellée de lierre et/ou de renouée du japon pour consolider les réserves d’hiver. En 2019, le lierre avait fleuri début septembre permettant une récolte imprévue. Cette année, il a commencé à fleurir fin septembre. La brusque chute des températures et la pluie torrentielle ont stoppé net les floraisons qui ne repartiront sûrement pas. Il faudra donc surveiller de près les provisions des essaims. La surveillance de la ponte des reines est primordiale. Les larves d’aujourd’hui sont les abeilles qui passeront l’hiver. Les conditions climatiques ont considérablement ralenti la ponte. Il y a donc un risque de manque d’abeilles pour bien passer l’hiver. Le point positif de cette année est que le taux d’humidité du miel, qui est un des critères de qualité est inférieur à 17 %. Ce qui garantit une bonne conservation du produit », termine l’apiculteur.

De notre correspondant, Nicolas REANT


Replay : "La bataille du miel"

Replay du documentaire "La bataille du miel" diffusé sur France 5 le dimanche 13 septembre 2020.

Réalisé par Clémentine Mazoyer.

Les abeilles ne vont pas bien, et pourtant, les Français en consomment 45 000 tonnes chaque année. En France, en 2017, les apiculteurs n'en produisaient que 10 000 tonnes, trois fois moins qu'il y a 30 ans. D'où viennent les 35 000 autres tonnes ? Il est difficile de savoir. Sur la plupart des pots, il existe peu d'indications précises sur la provenance du miel. La moitié des pots vendus viendrait en réalité de beaucoup plus loin, et surtout, certains miels ne proviendraient pas des ruches. En Chine, les industriels parviennent à fabriquer de faux miels.

Echo de l'Ain du 11 juin 2020

echo ain 11062020


Replay : "Abeilles : too bee or not to bee" et "Réunion, l'île aux miels"

Replay de l'émission 13h15 le samedi de France Télévisions du samedi 11 avril 2020.

Dans le cadre de sa série documentaire "Monde cruel", consacrée à la "sixième grande extinction", le magazine "13h15 le dimanche" (Facebook, Twitter, #13h15) raconte l’histoire d’une espèce en voie de disparition : les abeilles. Leur déclin, commencé dans les années 1990, est mondial. Ses causes : parasites, pesticides, moindre diversité des fleurs, etc. En France, la mortalité des colonies d’abeilles a atteint 30% en quinze ans.

A la rencontre de deux passionnés qui tentent de les préserver : Frank, un apiculteur vendéen, se bat depuis vingt ans pour faire interdire les insecticides tueurs d’abeilles ; Roch, un apithérapeute, parcourt le monde à la recherche de produits de la ruche pouvant être utiles pour la santé.

Un monde sans abeilles serait-il viable ?

Emmanuelle Chartoire, David Geoffrion et Fanny Martino sont notamment allés jusqu’au Mexique, et à Cuba, un des seuls endroits du monde où les abeilles sont préservées. To bee or not to be… un titre en forme de jeu de mots (bee signifie abeille en anglais), mais une question sérieuse : la vie serait-elle possible dans un monde sans abeilles ?

Frank et Roch se battent pour sauver ces insectes, persuadés qu’à terme, c’est l’Homme qui pâtirait de leur disparition. Ces infatigables travailleuses fabriquent en effet, non seulement le miel, mais aussi d’autres substances très utiles à l'espèce humaine…

Replay du documentaire diffusé le dimanche 19 avril 2020 sur France O (réalisé par Fanny Pernoud et Olivier Bonnet)

L'île de La Réunion est un territoire avec des espaces préservés, qui a fourni au fil des siècles une diversité d'habitats pour les abeilles qui polliniseraient 40 à 70 % des plantes réunionnaises : un atout pour les apiculteurs qui sont près d'un millier sur l'île. Mais depuis 2017, l'île est en alerte car un parasite tueur d'abeille est apparu : Varroa Destructor. Il a déjà fait des victimes partout dans le monde et personne ne sait vraiment comment il est arrivé. Il est capable de tuer des colonies entières d'abeilles. A La Réunion, des acteurs du monde du miel tentent de limiter ce désastre écologique.